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Le boulevard des Pyrénées : protections et travaux

La promenade de la Terrasse sud est un site classé depuis les années 1920 ; les immeubles qui la bordent sont dans le site patrimonial remarquable. Deux régimes différents, à ne pas confondre.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Large promenade bordée de palmiers et de lampadaires, avec des façades claires à gauche et la vallée à droite, sous un ciel bleu.
Le boulevard des Pyrénées, promenade du site classé de la Terrasse sud.[1]Photo Superchilum, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Le boulevard des Pyrénées, la place Royale, le parc Beaumont, le square Saint-Martin, la rampe et la place Bellevue, les jardins du château et de la Basse-Plante forment le site classé de la Terrasse sud, classé en 1921 et 1924.[1][2] Tout projet soumis à autorisation dans ce périmètre demande l'accord exprès du préfet ou du ministre ; leur silence vaut refus.[3][4][5] Les immeubles qui bordent le boulevard ne sont plus en site inscrit depuis le 5 mai 2022 : ils relèvent du site patrimonial remarquable, presque tous dans le périmètre du plan de sauvegarde, où l'Architecte des Bâtiments de France donne son accord à chaque intervention.[2][6][7]

1921-1924Classement de la Terrasse sud, au titre des sites
17,6 haSurface du site classé de la Terrasse sud, d'après notre calcul
Accord exprèsDu préfet ou du ministre dans le site classé ; leur silence vaut refus
17 sitesLes « Horizons palois », sur 6 communes au sud de l'agglomération

Quatre protections qui se superposent

Ce qui protège le boulevard et ses abords
ProtectionCe qu'elle couvreEffet sur un projet
Site classé de la Terrasse sud (1921, 1924)La promenade, la place Royale, le parc Beaumont, le square Saint-Martin, la rampe et la place Bellevue, les jardins du château et de la Basse-PlanteAccord exprès du préfet ou du ministre chargé des sites
Site patrimonial remarquable, PSMVLes immeubles du centre historique, dont ceux du boulevard, d'après notre test des numéros 10 à 30Accord de l'Architecte des Bâtiments de France ; règlement du PSMV
Site patrimonial remarquable, AVAPLe boulevard lui-même, « motif exceptionnel de belvédère continu », et les premiers numéros d'après notre testAccord de l'ABF ; règles de l'AVAP et du PLUi
Monuments historiquesLe monument aux morts de 1914-1918, inscrit en 2014 ; le Pavillon des Arts et le funiculaire, inscrits en 2023Autorisation au titre des monuments pour les travaux sur ces édifices

Sources : liste des sites protégés du PLUi, servitudes du Géoportail de l'urbanisme, règlement de l'AVAP (secteur des espaces publics paysagers exceptionnels, motif M, p. 86), base Mérimée ; test réalisé le 28 octobre 2026 sur les adresses géocodées du boulevard.[1][6][8][9][10]

Les sites inscrits qui doublaient ces protections, dont celui des « immeubles bordant le boulevard des Pyrénées et ses abords immédiats », inscrit en 1944, sont barrés dans la liste des servitudes du PLUi avec la mention « abrogé le 5 mai 2022 ». Le décret de cette date a mis fin à l'inscription de sites couverts par une protection au moins équivalente.[2][11]

Carte postale ancienne en noir et blanc : en contrebas, une rampe bordée d'arcades ; au-dessus, la promenade et de hauts immeubles à toits mansardés.
L'avenue Léon-Say, en contrebas, et le boulevard des Pyrénées sur une carte postale ancienne (Gallica).Photo Bibliothèque nationale de France, domaine public, recadrée, Wikimedia Commons

Travaux dans le site classé

Dans un site classé, « la décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès » prévu par le code de l'environnement :[3]

  • Le préfet donne cet accord pour les travaux de moindre ampleur qu'énumère le code de l'environnement. Il a 45 jours pour une déclaration préalable, 4 mois pour un permis ; son silence vaut refus. Le permis s'instruit alors en 8 mois.[3][4][12]
  • Le ministre chargé des sites le donne dans les autres cas. Il a 6 mois ; le délai d'instruction d'un permis est de 8 mois, comme avec le préfet.[4][12]
  • Pour un permis, à défaut de décision expresse dans le délai d'instruction, la demande est rejetée ; pour une déclaration préalable, elle ne peut aboutir sans l'accord exprès du préfet.[5][3]

Clôtures, ravalements et démolitions y demandent aussi une déclaration ou un permis, comme dans le SPR.[13][14][15] L'AVAP rappelle que les monuments historiques et les sites classés sont gérés par leurs propres textes, « indépendamment du SPR » (règlement de l'AVAP, p. 9, vérifié le 28 octobre 2026).[8]

Le Grand parc du château

Le Grand parc du château forme un second site classé, de 1944, de 18,45 ha d'après la liste des servitudes du PLUi. Il fait aussi partie du domaine du château, classé monument historique, avec ses talus, terrasses, ponts et jardins.[2][1][9]

Une longue suite d'arcades de pierre soutient la promenade au-dessus d'un talus planté de palmiers et de plantes grasses, le long d'une route.
Les arcades de soutènement du boulevard des Pyrénées et le jardin en pente, sous la promenade.Photo Flo641, CC BY-SA 3.0, recadrée, Wikimedia Commons

Travaux sur un immeuble du boulevard

Pour un immeuble du boulevard situé dans le PSMV, « toute intervention sur le bâti ou l'espace libre » passe par l'accord de l'ABF (règlement du PSMV, p. 11, vérifié le 28 octobre 2026). Les règles qui reviennent le plus souvent :[7]

  • Menuiseries : les menuiseries nouvelles sont en bois ; PVC et composites avec PVC sont interdits ; les volets roulants sont interdits sauf si l'immeuble en avait à l'origine (règlement du PSMV, p. 37-38, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Façades : enduits et badigeons à la chaux, peintures organiques interdites, couleurs prises dans les nuanciers de la Ville (règlement du PSMV, p. 34, vérifié le 28 octobre 2026) ; balcons et ferronneries de qualité maintenus (règlement du PSMV, p. 36, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Toitures : fenêtres de toit interdites si elles sont visibles depuis l'espace public, ce qui est souvent le cas face au panorama ; terrasses encaissées interdites (règlement du PSMV, p. 39, 41, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Équipements : climatiseurs et pompes à chaleur interdits en apparent, capteurs photovoltaïques rapportés interdits (règlement du PSMV, p. 51, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Enseignes et devantures : elles s'intègrent « aux panoramas et paysages urbains » (règlement du PSMV, p. 49-50, vérifié le 28 octobre 2026).

Dans un immeuble en copropriété, l'accord de l'assemblée générale vient avant le dépôt.[16] Le guide travaux en copropriété détaille l'ordre des démarches.

Façades de pierre claire à balcons de balustres, devant lesquelles se dressent des palmiers et des mâts portant les drapeaux français et allemand.
Immeubles du XIXe siècle sur le boulevard des Pyrénées ; d'après notre test des adresses, la plupart sont dans le PSMV.[6]Photo Flo641, CC BY-SA 3.0, recadrée, Wikimedia Commons

Le panorama et les Horizons palois

Face au boulevard, les « Horizons palois » réunissent 17 sites classés et inscrits « formant le panorama depuis le boulevard des Pyrénées ». Ils protègent les parcs et domaines des coteaux et de la plaine du gave, « situés sur 6 communes du sud de l'agglomération » : Billère, Bizanos, Gelos, Jurançon, Mazères-Lezons et Uzos.[1] Le diagnostic de l'AVAP résume ce principe de réciprocité : « la vue que l'on prend ainsi que la vue que l'on donne ».[17]

D'après cette liste, aucun de ces sites n'est sur la commune de Pau : ils protègent, sur l'autre rive, ce que l'on voit depuis la promenade.[1]

Au loin, le pic du Midi d'Ossau et des sommets enneigés au-dessus des coteaux boisés ; au premier plan, deux lampadaires verts et une balustrade.
Le pic du Midi d'Ossau, vu depuis la balustrade du boulevard des Pyrénées.Photo Flo641, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Une façade de ville tournée vers les Pyrénées

Le diagnostic de l'AVAP retrace la naissance de la promenade : le boulevard de Midi, dont le projet est « initié dès 1855 », relie la place Royale au parc du château ; après l'acquisition du domaine de Beaumont par la ville en 1878, « le prolongement du boulevard est réalisé entre 1896 et 1900 ». Le Palais d'Hiver accueille les danseurs à partir de 1899 et, en 1908, un funiculaire relie la gare à la terrasse de la place Royale. « La ville qui jusqu'alors s'était développée en tournant le dos aux Pyrénées se retourne désormais au sud. »[17] L'AVAP en fait aujourd'hui un « motif exceptionnel de belvédère continu et formant façade de la ville tournée vers les Pyrénées » (règlement de l'AVAP, p. 86, vérifié le 28 octobre 2026).[8]

Autochrome aux couleurs passées : une large promenade vide bordée d'une balustrade, quelques bancs, un grand arbre isolé et, à gauche, l'angle d'un immeuble de pierre.
Le boulevard des Pyrénées au débouché de la place Royale, en 1920 : autochrome de Fernand Cuville pour les Archives de la Planète.Photo Cuville Fernand, CC0, recadrée, Wikimedia Commons

Questions fréquentes

Mon immeuble donne sur le boulevard des Pyrénées : est-il en site classé ?

D'après notre test sur les adresses géocodées, les immeubles du boulevard sont hors du site classé, qui couvre la promenade et les espaces publics ; ils sont dans le site patrimonial remarquable, le plus souvent dans le PSMV. Le pré-diagnostic le vérifie à la parcelle.[6][10]

Puis-je installer une climatisation sur mon balcon face aux Pyrénées ?

Dans le PSMV, les climatiseurs et groupes de pompe à chaleur sont interdits en apparent : ils doivent être intégrés au bâtiment.[7]

Combien de temps pour une autorisation dans le site classé ?

Le préfet a 45 jours pour se prononcer sur une déclaration préalable et 4 mois sur un permis ; le ministre, 6 mois. Un permis en site classé s'instruit en 8 mois. Pour un permis, l'absence de décision vaut rejet ; pour une déclaration, le silence du préfet vaut refus de son accord, sans lequel elle ne peut pas aboutir.[4][12][5][3]

Voir aussi

Sources consultées (17)

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