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Les villas de la ville d'hiver : ce qu'on peut y faire

La station climatique du XIXe siècle a laissé à Pau des villas isolées dans leurs jardins et des chalets à galerie. Les agrandir reste possible, mais le jardin et la clôture comptent autant que la maison.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Villa de brique et de pierre à grands toits d'ardoise débordants, lanternon et œils-de-bœuf, galeries vitrées, sur une pelouse fermée par une barrière blanche.
La villa Tissié, une villa de la ville d'hiver, avec ses toits d'ardoise et ses galeries.Photo Flo641, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Une villa de la ville d'hiver relève du PLUi, en zone UBc ou UD, et, si elle est dans le site patrimonial remarquable, de l'AVAP, qui classe la maison et son jardin. Nos sondages montrent que tous les quartiers de villas ne sont pas dans le SPR : l'avenue Trespoey y est en partie, les allées de Morlaàs et l'avenue Norman-Prince aussi, le boulevard Tourasse et l'avenue Dufau non.[1][2][3] Sur une villa « intéressante », l'extension se fait à l'arrière, plus basse que la villa et de dimension limitée ; dans un jardin « intéressant », les extensions restent sous 15 % de la parcelle et les bandes jardinées sur rue restent libres.[3] L'Architecte des Bâtiments de France donne son accord à chaque projet.[4]

325Villas à Pau et alentour à la fin du XIXe siècle, dont 135 sur le territoire urbain
15 %De la parcelle au plus pour les extensions dans un jardin intéressant de l'AVAP
30 %De pleine terre au moins en zone UBc
80 × 100 cmChâssis de toit de type tabatière sur une villa intéressante

La ville d'hiver et ses villas

Le diagnostic de l'AVAP décrit un « nouveau type d'habitat combinant les avantages de l'hôtel particulier urbain et de la résidence campagnarde » : la villa, en retrait des voies, isolée sur une grande parcelle. Elle suit les axes de développement de la ville, « quartier Montpensier puis avenue Dufau, boulevard Tourasse, allées de Morlaàs », et le rebord du coteau, avenue Trespoey. Plus à l'est, rues Castetnau, Guichenné et Michel-Hourneau, apparaît le chalet à galerie, aux deux niveaux de galeries exposés au sud-est.[5]

« À la fin du XIXe siècle, Pau et sa banlieue se couvrent de villas, trois cent vingt cinq dont cent trente cinq sur le territoire urbain. Aujourd'hui seules quelques unes d'entre elles subsistent, la plupart ayant été démolies et leur parc divisé en lotissements. »[5] Pour Trespoey, le diagnostic retient « une présence végétale forte, assurée par des rapports de transparence entre espace public et espace privé ».[5]

Quelles règles pour votre villa

Situation de la villa et règles applicables
SituationRèglesAccord de l'ABF
Dans le SPR, hors PSMVPLUi de la zone (UBc, UD…) et AVAP, selon la catégorie de la maison et du jardinOui, pour tout projet modifiant l'aspect extérieur
Hors SPR, villa repérée par le PLUi comme bâti remarquable ou exceptionnelPLUi, dispositions des bâtiments remarquables ; démolition pouvant être refuséeNon, sauf abords d'un monument
Hors SPR, dans un rayon de 500 m d'un monument, en covisibilitéPLUi et abords du monumentOui, accord dans les abords
Hors SPR, sans repéragePLUi seulNon

Sources : règlement du PLUi (p. 53, 59-61), règlement de l'AVAP, code du patrimoine.[2][3][6][4]

Exemple réel : pour une parcelle de 800 m² de l'avenue Trespoey, les bases publiques donnent la zone UBc, le site patrimonial remarquable et un secteur de renforcement de la mixité sociale.[1] Le classement de la maison et du jardin se lit ensuite sur le plan de l'AVAP.

Le jardin d'abord

Les jardins intéressants de l'AVAP « restent libres de construction sur l'essentiel de leur étendue », avec un sol perméable et des arbres de haute tige ; « les bandes jardinées et cultivées au-devant des immeubles et villas, bordant les rues », restent libres de construction (règlement de l'AVAP, p. 64, vérifié le 28 octobre 2026).[3] Y sont admis, dans l'équilibre du jardin (règlement de l'AVAP, p. 66, vérifié le 28 octobre 2026) :[3]

  • « des extensions limitées du bâti en continuité de celui-ci limitées à 15% de la surface de la parcelle » ;
  • des constructions liées à l'usage du jardin : annexes, serres, abri pour local technique ;
  • des constructions secondaires en fond de parcelle, si l'essentiel du jardin est maintenu ;
  • une piscine, aux fonds et parois « de couleur grise, verte ou beige », avec des équipements techniques intégrés.

Les parties aménagées s'apprécient « de l'ordre de 25% » de l'étendue du jardin, et les parties les moins sensibles sont l'arrière des maisons, le cœur d'îlot et le fond de parcelle (règlement de l'AVAP, p. 64, vérifié le 28 octobre 2026).[3] Les jardins exceptionnels, eux, restent entièrement libres de construction (règlement de l'AVAP, p. 60, vérifié le 28 octobre 2026).[3]

Les espaces verts protégés du PLUi

Hors du SPR, le plan de zonage du PLUi protège aussi des jardins par une trame de ronds évidés : extensions en continuité du bâti dans la limite de 15 % de la surface de l'espace protégé, arbres conservés (règlement du PLUi, p. 55, vérifié le 28 octobre 2026).[2] En zone UBc, 30 % du terrain reste en pleine terre (règlement du PLUi, p. 66, vérifié le 28 octobre 2026).[2]

Façade de villa en brique et pierre claire, à balcons de fer forgé et toits d'ardoise, vue à travers les branches des arbres du jardin.
La villa San Carlos, à demi cachée par les arbres de son jardin.Photo Flo641, CC BY-SA 3.0, recadrée, Wikimedia Commons

Toiture, façades et menuiseries d'une villa

Sur une villa classée « intéressante » par l'AVAP :[3]

  • la toiture garde ses matériaux d'origine, ardoise, tuile Picon, tuile de Marseille ou zinc, avec ses décors, épis, lucarnes et souches (règlement de l'AVAP, p. 43-46, vérifié le 28 octobre 2026) ;
  • les châssis de toit sont de type tabatière, 80 × 100 cm, pas plus que de travées en façade (règlement de l'AVAP, p. 47, vérifié le 28 octobre 2026) ;
  • les menuiseries sont en bois ou en métal peint, sur le modèle d'origine (règlement de l'AVAP, p. 41, vérifié le 28 octobre 2026) ;
  • sur les façades secondaires, les galeries, coursives, marquises, bardages d'ardoise et bois découpés sont conservés (règlement de l'AVAP, p. 40, vérifié le 28 octobre 2026) ;
  • une extension se place « à l'arrière dans la parcelle, d'une hauteur inférieure à celle de l'édifice existant et de dimension limitée » (règlement de l'AVAP, p. 49, vérifié le 28 octobre 2026).

Hors SPR, sur une villa repérée par le PLUi, « les volets roulants extérieurs sont interdits », les menuiseries sont remplacées à l'identique, les lucarnes conservées et les châssis de toit intégrés à la pente (règlement du PLUi, p. 60-61, vérifié le 28 octobre 2026).[2]

Villa blanche à pignons découpés et toits d'ardoise, au fond d'une vaste pelouse, entre un grand arbre roux et un magnolia.
La villa Lawrance dans son parc.Photo Nono64 14:31, 21 January 2007 (UTC), CC BY-SA 3.0, recadrée, Wikimedia Commons

Murs, grilles et portails

À Pau, toute clôture demande une déclaration préalable ; le PLUi le rappelle en tête de chaque zone (règlement du PLUi, p. 53, vérifié le 28 octobre 2026).[2][7]

  • Murs ou clôtures structurants de l'AVAP : conservés et restaurés dans leur art de bâtir, galets apparents hourdés à la chaux, chaperons et piliers en pierre, grilles et portails (règlement de l'AVAP, p. 74, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • Dans un jardin intéressant : mur sur rue restitué sur le modèle des murs voisins ; en limite séparative, mur de briques, mur enduit ou grillage non brillant doublé d'une haie (règlement de l'AVAP, p. 64, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • Hors SPR, en zone UBc : sur rue, mur enduit de 0,60 m à 1,50 m, surmonté ou non d'une grille jusqu'à 1,80 m ; palissades pleines et brise-vues exclus (règlement du PLUi, p. 65, vérifié le 28 octobre 2026).[2]
  • Villa repérée par le PLUi : les murs de clôture anciens sont préservés sur toute leur hauteur et les portails anciens maintenus (règlement du PLUi, p. 61, vérifié le 28 octobre 2026).[2]
Portail de fer forgé entre deux piliers de pierre surmontés de lanternes, encadré de murs bas et de haies taillées, au bord d'une route.
Le portail de la villa Sainte-Hélène, 29 avenue Norman-Prince : piliers, grille et murs de clôture sur rue.Photo Père Igor, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Cas type : agrandir une villa à Trespoey

Cas type, pour illustrer : une villa « intéressante » sur une parcelle de 800 m² en zone UBc, dans le SPR, avec un jardin « intéressant ». Le propriétaire veut une pièce de 30 m² sur le jardin.

Ce que permettent les règles, pour une parcelle de 800 m²
Extensions dans un jardin intéressant : 15 % de 800 m²
120 m² au plus
Pleine terre en UBc : 30 % de 800 m²
240 m² au moins
Extension projetée, à l'arrière, plus basse que la villa
30 m²
Autorisation : 30 m² en zone urbaine, maison restant sous 150 m²
Déclaration préalable

La limite de 120 m² est un plafond, pas un droit : sur une villa intéressante, l'extension reste « de dimension limitée » et l'ABF l'apprécie.

Surface créée par l'extension de la villa, en zone UBc
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Déclaration préalablepermis si le total dépasse 150 m² de surface de plancher
  4. 40 m²Permis de construire

Le seuil se lit sur la surface de plancher ou l'emprise au sol créée. Une construction nouvelle détachée de la maison suit d'autres seuils : déclaration de 5 à 20 m², et dans le site patrimonial remarquable, déclaration même en dessous de 5 m².[8][9][10][11]

Le délai d'instruction est de 2 mois au lieu d'un, dans le SPR.[12][13] Notre forfait pour ce dossier : 900 € jusqu'à 20 m², puis 35 € par m² au-delà, soit 900 € + 10 m² × 35 € = 1 250 €.

Questions fréquentes

Peut-on démolir une villa ancienne à Pau ?

Dans le SPR, un édifice intéressant ou exceptionnel ne peut pas être démoli, sauf sinistre ou, pour un édifice intéressant, projet urbain dans un secteur de projet ; un édifice courant peut l'être pour être remplacé. Hors SPR, la démolition d'un bâtiment repéré par le PLUi « pourra être refusée ». Dans tous les cas, il faut un permis de démolir.[3][2][14]

Une piscine est-elle possible dans le jardin d'une villa ?

Oui, dans l'équilibre du jardin : dans un jardin intéressant de l'AVAP, avec des parois grises, vertes ou beiges et des équipements techniques intégrés ; dans le PSMV, avec un revêtement gris ou ocre.[3][15]

Peut-on construire une seconde maison au fond du jardin ?

L'AVAP admet des constructions secondaires en fond de parcelle si l'essentiel du jardin est maintenu ; elles suivent les règles du bâti neuf, et le PLUi de la zone s'applique en plus (implantation, pleine terre, stationnement).[3][2]

Voir aussi

Sources consultées (15)

Votre projet commence par une adresse

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.

Gratuit et sans engagement.