TrilateralArchitecte à Pau
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Agrandir une maison en zone UBc à Pau

Près d'un quart de Pau est en zone UBc : pavillons, maisons de faubourg, villas. Voici ses règles, lues dans le règlement du 19 décembre 2024, et un cas type calculé pas à pas.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Villa blanche à toiture d'ardoise galbée, lucarnes rondes et lanternon, sous un ciel d'orage, avec un perron et des balcons de fer.
La villa Beit Rahat : toiture d'ardoise, lucarnes et lanternon.Photo Flo641, CC BY-SA 3.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

En zone UBc, l'emprise au sol n'est pas réglementée : ce sont la pleine terre (30 % du terrain), la hauteur (R+2+c), la règle de prospect D = H − 3 vers les voisins et la toiture à pentes d'au moins 60 % qui décident de la taille d'une extension.[1] En zone urbaine, l'extension relève de la déclaration préalable jusqu'à 40 m² créés, sauf si la maison dépasse ensuite 150 m².[2][3] Dans le site patrimonial remarquable, qui couvre une partie de la zone, l'AVAP s'ajoute et l'Architecte des Bâtiments de France donne son accord.[1][4]

24 %De la commune en zone UBc, d'après notre calcul
R+2+cHauteur maximale : trois niveaux et des combles
30 %Du terrain en pleine terre, au moins
60 %Pente minimale du toit sur 70 % de l'emprise de la maison

La zone UBc

La zone UBc « correspond aux zones à dominante d'habitat, caractérisées par des typologies majoritaires de forme individuelle ou intermédiaire » (règlement du PLUi, p. 53, vérifié le 28 octobre 2026). Elle couvre 24,1 % de Pau, dont environ 159 ha dans le site patrimonial remarquable, d'après notre calcul.[1][5]

  • Les nouvelles constructions de bureaux, de commerce de détail, d'artisanat de détail et de restauration y sont interdites ; les activités de services accueillant une clientèle sont admises sous 100 m² (règlement du PLUi, p. 54-55, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Dans le SPR, le règlement de l'AVAP s'ajoute ; dans le PSMV, il remplace le PLUi (règlement du PLUi, p. 53, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Les secteurs inondables relèvent du PPRi ou de l'annexe des zones inondables, qui priment sur le règlement de zone (règlement du PLUi, p. 53, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

Implantation sur la rue et vers les voisins

  • Sur rue : à l'alignement, à 3 m au moins en recul, ou selon l'implantation dominante des constructions du même côté de la voie. Les reculs ne s'appliquent pas aux extensions des constructions déjà édifiées dans la marge si elles restent dans leur alignement, ni aux piscines, ni aux vérandas (règlement du PLUi, p. 56-57, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Vers les limites séparatives : sur la limite ou à 3 m au moins ; en outre, « tout point des constructions est éloigné du point le plus proche de la limite séparative d'une distance horizontale au moins égale à la différence d'altitude entre ces deux points diminuée de 3 m (D = H-3) » (règlement du PLUi, p. 57, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Pignon en limite : un dépassement d'1 m au plus de la hauteur ainsi autorisée peut être accepté (règlement du PLUi, p. 57, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Maison mal implantée : son extension peut garder un retrait identique ou supérieur à celui de l'existant (règlement du PLUi, p. 57, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Entre deux constructions du terrain : un quart de la somme de leurs hauteurs, 2 m au moins, piscines non couvertes exceptées (règlement du PLUi, p. 58, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
Ce que donne D = H − 3

Sur la limite, une construction peut s'élever de 3 m au-dessus du sol de la limite, 4 m pour un pignon ; à 3 m de la limite, de 6 m ; à 5 m, de 8 m. Ce sont des calculs faits par nos soins à partir de la règle, la hauteur étant mesurée au point le plus proche de la limite.[1]

Hauteur et niveaux

« En l'absence de prescriptions spécifiques portées au plan de zonage, la hauteur est limitée à 3 niveaux superposés (R+2+c) » (règlement du PLUi, p. 58, vérifié le 28 octobre 2026). Le règlement précise comment compter :[1]

  • un niveau dont tous les points sont à plus de 1,50 m au-dessus du sol naturel compte comme un deuxième niveau ;
  • un niveau dont tous les points sont à moins de 1 m sous la sablière n'est pas compté ;
  • une maison déjà plus haute que la règle peut faire l'objet de travaux qui n'aggravent pas ou améliorent la situation.

Le plan des hauteurs du PLUi fixe d'autres hauteurs, de R+1+c à R+5+c selon les secteurs.[6] À Pau, d'après sa couche sur le Géoportail de l'urbanisme, il porte presque uniquement sur la zone UAc du centre, en R+4+c sur environ 90 ha, et ne touche pas la zone UBc ; le pré-diagnostic l'affiche pour votre adresse.[5] Le PLUi peut aussi demander de rehausser le plancher d'une construction pour écarter un risque de ruissellement ou de remontée de nappe (règlement du PLUi, p. 58, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

Toiture, façades et clôtures

Règles d'aspect de la zone UBc, hors bâti repéré et hors SPR
SujetRègle du PLUi
Toiture d'une maisonVolumes simples de 2 à 4 pans (1 pan pour les annexes) ; pente d'au moins 60 % sur 70 % au moins de l'emprise de l'habitation, et sur 70 % des toitures de l'unité foncière ; le reste (garage, partie secondaire, annexe) peut être moins pentu ou en terrasse (UBc, p. 64)
CouvertureArdoise naturelle (ou équivalent) ou tuiles plates de teinte uniforme : rouge terre cuite, brun, brun vieilli, ardoise naturelle ; zinc, cuivre ou aluminium possibles pour des extensions, réfections et raccords de toits existants à faible pente (UBc, p. 64)
Autres pentes et matériauxÀ titre exceptionnel : vérandas, pergolas, serres, annexes de moins de 20 m² d'emprise ; projets dont l'utilité dans le parti architectural est démontrée ; toitures végétalisées (UBc, p. 64-65)
Clôture sur rueMur maçonné enduit à la chaux, de 0,60 m à 1,50 m, surmonté ou non d'une grille, d'un grillage ou d'une lisse à claire-voie jusqu'à 1,80 m ; exclus : palissades pleines, brise-vues synthétiques, canisses et autres dispositifs occultants (UBc, p. 65)
Clôture entre voisinsGrillage, palissade pleine ou à claire-voie, mur bahut ou mur, 1,80 m au plus (UBc, p. 65)
Clôture au contact des zones A et NPas de clôture bâtie, soubassement de 30 cm au plus ; piquets de bois ou de métal noir ou vert foncé, grillage ou lattes de bois, 1,80 m au plus (UBc, p. 65)
  • Façades : maçonneries enduites à la chaux ou d'aspect équivalent, ou bardées ; teintes du nuancier annexé au règlement, sauf démonstration architecturale (règlement du PLUi, p. 63-64, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Panneaux solaires : « insertion soignée au niveau de la façade ou de la toiture » (règlement du PLUi, p. 65-66, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Bâti repéré par le PLUi : menuiseries à l'identique, volets roulants extérieurs interdits, enduit exclusivement à la chaux naturelle, peinture sur enduit interdite (règlement du PLUi, p. 59-61, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

Pleine terre, jardins protégés, stationnement

  • Pleine terre : « le coefficient de pleine terre […] est fixé à 0,30 minimum du terrain d'assiette du projet » (règlement du PLUi, p. 66, vérifié le 28 octobre 2026). Une terrasse, une allée ou une place de stationnement imperméables n'en font pas partie.[1]
  • Espaces verts protégés (trame de ronds évidés) : libres de construction sur l'essentiel, extensions en continuité dans la limite de 15 % de leur surface, arbres conservés (règlement du PLUi, p. 55, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Stationnement : 1,5 place par logement, arrondi à l'unité supérieure, hors de l'aire d'influence des transports en site propre, 1 place dans les 500 m de part et d'autre de leur axe ; une place compte 25 m² accès compris. Seules les places générées par les nouveaux logements sont exigées (règlement du PLUi, p. 69-70, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
  • Périmètre d'attente : dans un périmètre d'attente de projet d'aménagement global, l'extension est limitée à 20 % de l'emprise de la construction principale et 50 m² (règlement du PLUi, p. 56, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

Cas type : une pièce de 35 m² sur le jardin

Cas type, pour illustrer : une maison de 110 m² de surface de plancher et 90 m² d'emprise, toit d'ardoise à deux pans, sur un terrain de 600 m² en zone UBc, hors SPR et hors zone inondable. Le projet : une pièce de 35 m² à toit plat, accolée à l'arrière.

Vérification des règles de la zone UBc
Surface après travaux : 110 + 35 m²
145 m²
Toit en pente : 90 m² sur 125 m² d'emprise de la maison
72 % ≥ 70 %
Pleine terre exigée : 30 % de 600 m²
180 m²
Extension à 3 m de la limite : hauteur permise par D = H − 3
6 m
Autorisation : moins de 40 m², total sous 150 m²
Déclaration préalable

Un toit plat est admis pour une partie secondaire tant que 70 % de l'emprise de la maison garde une toiture à au moins 60 % de pente.

Surface créée par l'extension, en zone UBc
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Déclaration préalablepermis si le total dépasse 150 m² de surface de plancher
  4. 40 m²Permis de construire

Le seuil se lit sur la surface de plancher ou l'emprise au sol créée. Une construction nouvelle détachée de la maison suit d'autres seuils : déclaration de 5 à 20 m², et dans le site patrimonial remarquable, déclaration même en dessous de 5 m².[2][7][8][9]

Notre forfait pour ce dossier : 900 € jusqu'à 20 m², puis 35 € par m², soit 900 € + 15 m² × 35 € = 1 425 €. À 41 m² ou plus, ou si la maison dépassait 150 m², ce serait un permis de construire, signé par un architecte au-delà de 150 m².[2][10]

Pau est en zone sismique 4

Une extension accolée suit les règles parasismiques des additions aux bâtiments existants ; séparée de la maison par un joint, elle suit celles du neuf. Avec un permis, une attestation parasismique est jointe au dépôt.[11][12][13] Le guide de la zone sismique détaille ce qui est demandé.

Questions fréquentes

Peut-on construire en limite de propriété en zone UBc ?

Oui : le PLUi admet l'implantation sur la limite ou à 3 m au moins. Sur la limite, la construction ne dépasse pas de plus de 3 m le niveau du sol de la limite, 4 m pour un pignon, d'après la règle D = H − 3.[1] Les règles civiles de vue s'appliquent en plus aux ouvertures.[14]

Un toit terrasse est-il possible en UBc ?

Pour une partie secondaire, une annexe ou une extension, oui, si 70 % de l'emprise de la maison garde une toiture à au moins 60 % de pente ; à titre exceptionnel pour une véranda ou une annexe de moins de 20 m², ou avec une démonstration architecturale.[1]

Ma maison en UBc est-elle dans le site patrimonial remarquable ?

Environ 159 ha de zone UBc sont dans le SPR, d'après notre calcul. Le pré-diagnostic le dit pour votre adresse ; dans ce cas, l'AVAP s'ajoute au PLUi.[5][1]

Voir aussi

Sources consultées (14)

Votre projet commence par une adresse

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.

Gratuit et sans engagement.