TrilateralArchitecte à Pau
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Agrandir sa maison à Pau

Une pièce sur le jardin, une cuisine agrandie, un bureau : ce que demande une extension à Pau, de l'autorisation au chantier.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Grande villa classique blanche à toit plat bordé d'une balustrade et portique à colonnes, devant un jardin à la française fleuri.
La villa Ridgway et son jardin.Photo Capbourrut, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

En zone urbaine du PLUi, une extension de plus de 5 m² et d'au plus 40 m² relève de la déclaration préalable ; au-delà, du permis de construire. Au-delà de 20 m², le permis redevient obligatoire si la surface de plancher totale dépasse ensuite 150 m².[1][2] En zone agricole, naturelle ou à urbaniser, le permis commence au-delà de 20 m².[2] L'extension respecte le règlement du PLUi de Pau Béarn Pyrénées ; dans le site patrimonial remarquable, l'AVAP s'y ajoute et l'Architecte des Bâtiments de France donne son accord ; en zone inondable, le PPRi plafonne la surface.[3][4][5]

5 à 40 m²Déclaration préalable en zone urbaine
20 m²Seuil du permis en zones A, N et AU
30 %De pleine terre au moins en zone UBc
Zone 4Sismicité de Pau : attestation parasismique avec un permis

Quelle autorisation pour votre extension

Les seuils se lisent sur la surface créée, surface de plancher ou emprise au sol. Ils dépendent de la zone : la plupart des maisons de Pau sont en zone urbaine (UBc, UD, UAc, UC) ; quelques-unes sont en zone agricole, naturelle ou à urbaniser.[1][2][6]

Surface créée par l'extension, en zone urbaine
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Déclaration préalablepermis si le total dépasse 150 m² de surface de plancher
  4. 40 m²Permis de construire

Le seuil se lit sur la surface de plancher ou l'emprise au sol créée. Une construction nouvelle détachée de la maison suit d'autres seuils : déclaration de 5 à 20 m², et dans le site patrimonial remarquable, déclaration même en dessous de 5 m².[1][7][8][9]

Extension d'une maison située en zone à urbaniser (AU), agricole (A) ou naturelle (N) du PLUi
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Permis de construire

Le seuil de 40 m² ne vaut qu'« en zone urbaine » d'un plan local d'urbanisme ; ailleurs, le permis est exigé dès que les travaux créent plus de 20 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol.[2][7]

Ce que dit le texte — code de l'urbanisme, article R*421-14, a et b

« a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; […] »

[2]
Trois exemples en zone urbaine
Maison avant travauxExtensionTotal aprèsAutorisationArchitecte
90 m²18 m²108 m²Déclaration préalableNon obligatoire
120 m²35 m²155 m²Permis de construireObligatoire
100 m²45 m²145 m²Permis de construireNon obligatoire

Calculs faits d'après les seuils des fiches officielles.[1][10] Pour une extension de 5 m² ou moins, les fiches officielles divergent ; une extension accolée modifie en général l'aspect extérieur, ce qui suffit à exiger une déclaration.[1][11]

Les règles du PLUi à Pau

L'autorisation n'est accordée que si l'extension respecte le règlement de la zone. À Pau, l'emprise au sol n'est pas réglementée dans les principales zones d'habitat : la pleine terre, la hauteur et l'implantation font la limite.[3]

Règles des zones de Pau (extrait)
ZoneEmprise et pleine terreHauteurImplantation
UBc
Extension pavillonnaire et faubourgs
Non réglementée (p. 58) ; pleine terre : 30 % du terrain au moins (p. 66) ; dans un espace vert protégé du plan, extensions limitées à 15 % de sa surface (p. 55)3 niveaux, R+2+c, sauf hauteur du plan des hauteurs (p. 58)Sur rue : alignement, recul de 3 m au moins ou implantation dominante de la rue (p. 56). Limites : sur la limite ou à 3 m au moins, et D ≥ H − 3 (p. 57)
UAc
Centre historique hors PSMV
Non réglementée (p. 39) ; à Pau, au-delà de la bande de 18 m, extension limitée à 30 % de l'emprise de la construction principale et 50 m² (p. 36) ; pleine terre non exigée à Pau (p. 48)Dans la bande de 18 m depuis la rue : plan des hauteurs, qui fixe R+4+c sur l'essentiel de la zone à Pau ; au-delà : R+1+c (p. 40)Sur rue : alignement, recul de 3 m au moins ou implantation dominante (p. 37-38). Dans la bande de 18 m, à l'alignement, d'une limite latérale à l'autre ; au-delà, sur la limite ou à 3 m au moins, et D ≥ H − 3 (p. 38-39)
UD
Extension, habitat dense
Non réglementée (p. 98) ; pleine terre : 15 % du terrain au moins (p. 106)5 niveaux, R+4+c, sauf plan des hauteurs (p. 98)Sur rue : alignement ou recul de 3 m au moins (p. 96). Limites : sur la limite ou à 3 m au moins, et D ≥ H − 3 (p. 97)
UC
Centralité
Non réglementée (p. 78) ; pleine terre : 15 % du terrain au moins (p. 86)5 niveaux, R+4+c, sauf plan des hauteurs (p. 78)Sur rue : alignement ou recul de 3 m au moins (p. 76). Limites : sur la limite ou à 3 m au moins, et D ≥ H − 3 (p. 77)
US
PSMV, zone urbaine sauvegardée
60 % du terrain au plus, sauf indication du plan du PSMV (PSMV, p. 26)À l'égout, entre les hauteurs des immeubles à conserver voisins ; à défaut 16 m au plus et 6 m au moins en front de rue, dans la bande de 18 m (PSMV, p. 27-28)À l'alignement ; d'une limite latérale à l'autre sur 6 m de profondeur, puis sur une limite au moins jusqu'à 18 m (PSMV, p. 23-24)

Règlement écrit du PLUi, pages imprimées entre parenthèses ; règlement du PSMV pour la zone US ; vérifiés le 28 octobre 2026.[3][12] D ≥ H − 3 : tout point de la construction s'éloigne de la limite d'une distance au moins égale à sa différence d'altitude avec elle, moins 3 m. Les hauteurs propres à certaines rues se lisent sur le plan des hauteurs ; dans le site patrimonial remarquable, les règles de l'AVAP s'ajoutent à celles du PLUi.[13][4]

  • La toiture : une maison garde une toiture à pentes d'au moins 60 % sur 70 % de son emprise ; une extension secondaire peut avoir un toit plat dans les 30 % restants (règlement du PLUi, p. 64, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • Une maison mal implantée peut être agrandie en gardant un retrait identique ou supérieur à celui de l'existant, et l'extension d'une construction déjà dans la marge de recul sur rue reste possible dans son alignement (règlement du PLUi, p. 56-57, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • Le stationnement : en UBc, seules les places générées par de nouveaux logements sont exigées (règlement du PLUi, p. 70, vérifié le 28 octobre 2026) ; en UAc, à Pau, il n'y a pas d'obligation (règlement du PLUi, p. 51, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • Les jardins protégés : dans un espace vert protégé du plan, les extensions restent sous 15 % de sa surface (règlement du PLUi, p. 55, vérifié le 28 octobre 2026).[3]

Le guide des maisons en zone UBc détaille ces règles avec un cas type.

Dans le site patrimonial remarquable

Une grande partie des quartiers de villas et de faubourgs est dans le SPR. L'AVAP y ajoute ses règles, selon la catégorie de la maison et du jardin :[4]

  • sur un édifice intéressant, l'extension est « en continuité physique du bâti existant, implantée à l'arrière dans la parcelle, d'une hauteur inférieure à celle de l'édifice existant et de dimension limitée » (règlement de l'AVAP, p. 49, vérifié le 28 octobre 2026) ;
  • dans un jardin intéressant, les extensions sont limitées à 15 % de la surface de la parcelle (règlement de l'AVAP, p. 66, vérifié le 28 octobre 2026) ;
  • l'instruction dure un mois de plus, et l'Architecte des Bâtiments de France donne son accord.[14][15]

Lire le guide des villas de la ville d'hiver

Villa de brique et de pierre à grands toits d'ardoise débordants, lanternon et œils-de-bœuf, galeries vitrées, sur une pelouse fermée par une barrière blanche.
La villa Tissié, une villa de la ville d'hiver, avec ses toits d'ardoise et ses galeries.Photo Flo641, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Zone inondable, séisme, argiles

  • Zone inondable : en zone rouge ou verte du PPRi, l'extension au sol d'une habitation est limitée à 20 m² sous 100 m² d'emprise, 30 m² de 100 à 140 m², 20 % au-delà, plancher au-dessus de la cote de référence.[5] Lire le guide de la zone inondable.
  • Séisme : Pau est en zone 4. Une extension accolée est une addition au bâtiment existant ; séparée par un joint, elle suit les règles du neuf. Avec un permis, une attestation parasismique est jointe au dépôt.[16][17][18] Lire le guide de la zone sismique.
  • Argiles : presque toute la commune est en exposition moyenne ; une étude de sol est le moyen le plus sûr de dimensionner les fondations.[19]

Les voisins et les vues

Le code civil impose ses propres distances pour une ouverture donnant sur le terrain voisin : 1,90 m en vue droite et 0,60 m en vue oblique, sauf accord du voisin.[20] Ces règles s'ajoutent à celles du PLUi : une autorisation d'urbanisme n'en dispense pas.

Une fois l'autorisation affichée, les voisins disposent de 2 mois pour la contester devant le juge.[21]

Énergie, assurance, taxe

Une extension est soumise à la réglementation environnementale RE2020 sur sa seule partie nouvelle. Pour une maison, selon la surface de référence : moins de 50 m², des exigences de moyens, élément par élément ; de plus de 50 à moins de 80 m², des exigences allégées ; à partir de 80 m², la RE2020 complète.[22][23] Pour un permis, l'attestation de prise en compte est jointe au dépôt.[24]

L'assurance dommages-ouvrage se souscrit avant le début des travaux.[25] Une extension close et couverte entre dans la taxe d'aménagement : 892 € par m² en 2026 hors Île-de-France, multipliés par les taux votés.[26][27] Lire le guide de la taxe d'aménagement.

Questions fréquentes

Une extension de 30 m² à Pau demande-t-elle un permis ?

En zone urbaine, en principe non : c'est une déclaration préalable. Elle devient un permis si la surface de plancher totale de la maison dépasse 150 m² après travaux.[1] En zone agricole, naturelle ou à urbaniser, 30 m² demandent un permis.[2]

L'architecte est-il obligatoire pour une extension ?

Seulement si l'extension relève du permis et que la surface de plancher dépasse 150 m², ou si une société dépose le permis. Jamais pour une déclaration préalable.[10]

Peut-on construire en limite de propriété à Pau ?

En zone UBc, oui, sur la limite ou à 3 m au moins, avec la règle D = H − 3 : sur la limite, 3 m de hauteur au-dessus du sol de la limite, 4 m pour un pignon.[3] Les règles civiles de vue s'appliquent en plus aux ouvertures.[20]

Voir aussi

Sources consultées (27)

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